mercredi 1er octobre 2008. 19h30
Je suis dans un internet café, aujourd'hui je ne travaille pas.
Mais d'abord revenons quatre jours en arrière.
Notre voyage sydney-bundaberg s'est très bien passé, nous n'avons pas râté nos correspondances, on a même attendu assez longtemps à l'aéroport de Brisbane pour qu'un tout petit avion nous emmène au tout petit, mais coquet, aéroport de Bundaberg. Je m'occupe de trouver une navette pour aller au backpacker pendant que nicky reste avec les bagages. Une dame nous mène dans sa voiture jusqu'au Bundaberg Traveller & Backpackers lodge. Première impression, pas terrible, dehors des étagères couvertes de chaussures pleines de boue, sur les grilles de l'escalier de service des affaires sèchent en tas, dans la salle commune quelques asiatiques déjeunent, il est 12h15 et surprise le fameux bureau qui nous a fait nous lever à 4h du matin, n'est ouvert que de 8h à 10h30 et 15h à 18h ! 3h à attendre en plein cagnard ça ne nous dit pas trop, je vois en face un autre backpacker, je traverse la route, il à l'air meilleur que l'autre, mais sur la porte un papier dit qu'il manque de place et qu'il faut s'adresser en face, tant pis je tente le coup, ils ont peut-être deux places qui se sont libérées depuis qu'ils ont mis le papier, je frappe (la porte-fenêtre est fermée à clé), un type sort , je lui demande s'ils ont des disponibilités et là ce connard il me demande "can you read it ?" en tapotant le papier "can you read it" et il se répète plusieurs fois, moi je ne me démonte pas j'ai plus envie de lui mettre une baffe, je lui réponds que je comprenais ce qui était écrit mais que je préférai demander au cas où, il soupire et rentre dans le bâtiment sans même me répondre. Je retraverse la route, furieuse, et vais prévenir Nicky que le mec d'en face est un gros connard, quand je vois que le fameux connard avait lui aussi traversé et qu'il est aussi le gérant de l'autre backpacker, il nous demande ce qu'on fait là je lui dit (il n'y a que moi qui parle car Nicky ne veut pas parler anglais!) que l'on avait appelé la veille et que l'on voulait une chambre, il nous dit que le bureau est fermé et n'ouvre qu'à 15h, ce connard n'a qu'à ouvrir la porte et à nous faire signer le registre et nous donner la clé, il n'y en a que pour 3 minutes ! Et la touche finale, il nous dit qu'on doit dégager nous et nos bagages et revenir à 15h qu'ici c'est une propriété privée !! Tant mieux de toute façon mon gars je ne compte pas rester chez toi de toute façon, je prends mes 30 kilos de bagages et l'on s'en va plus loin près d'un parking loin de cet affreux type.
Maintenant quoi faire ? on avait - correction - J'avais déjà appelé pratiquement tous les backpackers de la ville et ils m'ont tous dit qu'ils étaient plein, je tente malgré tout quelques numéros mais rien à faire toujours complets. sur le parking un taxi vient de se garer, je vais le voir et lui demande s'il connaît des backpackers dans le coin autres que ceux là, il m'en indique plusieurs à quelques pâtés de maisons. Je laisse Nicky à l'ombre avec les bagages et file sous le soleil de plomb faire le tour des auberges, je tombe dans un endroit qui à l'air pas mal, il est complet mais j'explique à la fille notre périple et gentiment elle passe quelques coup de fil et nous trouve de la place dans une auberge le backpacker bundaberg près du mac do.Je rejoins Nicky, lui explique la situation - entre temps le taxi était parti sinon on lui auraity demandé de nous y conduire - bref on marche pendant plusieurs centaines de mètres complètement crevée, mais au delà du mac do il n'y a pas de backpacker, nous sommes sur la main street de bundaberg où se concentrent tout les magasins, je rentre dans une librairie pour leur demander des renseignements et je déduis d'après ces infos que l'auberge où la fille a appelé était en fait la première, celle du connard d'où on vient !!! je demande donc en désespoir de cause à la libraire si elle connaissait un autre backpacker dans le coin, elle m'en indique un à l'autre bout de main street près de la voie ferrée, je laisse nicky encore une fois et file là bas, là des gens à peu près sympathiques m'acceuillent et oui il y a de la place, et oui il y a du boulot youpi!
je retourne voir nicky, on a une chambre où dormir ce soir !
On s'inscrit, paie pour une semaine car c'est moins cher que de payer nuit par nuit, il nous fait remplir des papiers pour pouvoir travailler - des sortes de formulaires où l'on met nos numéros de BSB (banque) et notre numéro des impôts (le tax file number), petite galère il me demande la copie de mon visa que bien sûre j'ai laissé à sydney, il me dit, pas de visa pas de travail, moi je pensait que le visa était sur mon passeport directement, c'est pour cette raison que je ne l'avais pas pris, je téléphonerai ce soir à mes parents afin qu'il m'envoient par mail ou fax la copie que j'ai laissé en France. Il nous donne enfin nos draps et nous fait visité les lieux... la visite commence par une salle de télé avec une vingtaines de vieux fauteuils défoncés, un table de ping pong, nous montont à l'étage dans le couloirs des cartons de vieux vêtements et de chaussures sales ou dépareillées, Il nous ouvre la porte de la chambre et nous découvrons notre suite royale. Deux lits superposés complètement défoncés, les deux du bas sont déjà occupés comme d'habitude, la propreté laisse vraiment à désirer, la moquette est noire de crasse et couverte de miettes, terre et autres. les murs sont jaunes sales. En faisant le lit nous apercevons qu'il y a un drap housse une taie d'oreiller mais pas de drap ni de couverture. Une fille arrive, une japonaise, elle n'a travaillé que 2h aujourd'hui de 5h à 7h à ramasser des zucchinis = courgettes et elle est dégoûtée car c'est le mec de l'accueil qui décide qui travaille ou pas et il a tendance à donner le travail aux blancs et à donner les boulots les plus pourris aux "étrangers" : noirs, asiatiques, etc. Nicky commence à flipper car elle est d'origine laotienne. La seconde fille est une anglaise, c'était sont premier jour de travail ici, elle est exténuée, elle a cueilli des patates toute la journée dans la terre sèche australienne. Nous filons faire des courses au centre commercial à quelques centaines de mètres de là, nous avons une boîte en plastique chacune pour mettre notre nourriture dans la pièce réfrigérée plus un petit placard fermé à clé dans la cuisine. Dans la cuisine la communauté de japonais s'affairent à fabriquer des suchis car certains d'entre aux partent demain, nous ramassons nos affaires et franchement on a du mal à savoir où poser nos trucs tellement tout est sale partout, les portes des placards sont marrons de crasse, on essaie de ne pas toucher la notre en se servant de la clé, les plans de travail sont crades et collants, les torchons complètement sales grouillent de fourmis... Eurk.
Je file à la cabine téléphonique - en me baladant je vois au loin une autre auberge de jeunesse qui à l'air pas mal - et m'exhorte pendant vingt minutes à essayer d'appeler mes parents avec la carte internationale où il faut taper 35 numéros avant d'avoir la communication, leur demande de me faire parvenir mon visa. Ensuite je file à un internet café pour l'imprimer et me dépêche de rentrer à l'auberge pour pouvoir le donner au mec autrement je ne pourrai pas travailler demain. Le bureau est censé être fermé mais il me laisse rentrer et je peux lui donner mes papiers, j'en profite pour lui faire les yeux doux et lui rappeler mon enthousiasme à travailler, il est bourru mais il est sympa.
Nicky est déjà parti se coucher, je vais la rejoindre dans la chambre, elle n'arrive pas à se mettre au lit, elle déprime. La japonaise dort déjà mais elle doit se réveiller vers 20h pour aller voir sur le tableau à l'entrée si elle bosse demain. Nicky exagère elle fait du bruit, trafique dans des sacs plastiques, me parle fort, je lui dit de faire moins de bruit, elle me dit qu'elle s'en fout, qu'elle aime pas les asiat' (?!? mais elle est asiatique ?!?).
Notre chambre est collée à la cuisine et tous les bruits nous parviennent comme s'ils venaient de la chambre elle-même. Je lui parle de l'autre backpacker que j'ai vu, on décide d'aller voir comment il est, le bureau de réservation est fermé mais nous profitons de l'entrée de quelques personnes pour nous faufiler à l'intérieur et faire l'état des lieux. Il n'y a pas photo, première impression : il n'y a que des européens propres (à peu près), la salle de bain est propre, la cuisine est correcte et il y a une piscine. Nous décidons de nous y rendre des le lendemain pour réserver pour la semaine prochaine.
Nous rentrons, Nicky va se coucher, je décide de manger un petit truc avant, je n'en peux plus, je suis crevée. je me fait le truc le plus simple possible : un bol de nouilles chinoises dans lequel il faut juste mettre un peu d'eau bouillante : pas trop de trucs à toucher. Je décide d'aller manger dehors où il y a des tables de jardin mais la musique est tellement forte que je reste dans l'escalier de service face à un toit. Je suis dans le passage mais au moins je suis seule, j'ai le plaisir de constater que j'ai un petit compagnon de repas : un petit chat noir très apeuré mais très affamé. N'ayant pas très faim je partage mes nouilles avec lui, j'aimerais avoir plus de trucs à lui donner car je découvre toute sa petite famille plus loin : une chatte et trois chatons. Curieusement je me sentais vraiment mieux avec ces pauvres chats de gouttière qu'avec les autres tarés en bas qui écoutaient de la musique métal et s'imbibaient d'alcool. Je vais me coucher vers 8h, je constate qu'il n'y a pas de rideaux ni de volets à la fenêtre... J'étale les quelques vêtements chauds sur moi en tant que couverture, met mes boules quiès mon masque et essaie de dormir. Je vais le faire : je vais passer cette épreuve, une semaine ici, à bosser ça va passer vite, plus tard quand j'y repenserai ça me fera rire. Malgré le bruit et le froid, car ici il fait très chaud le jour mais très froid la nuit, j'arrive à m'endormir pendant une heure à peine car la japonaise se lève, allume la lumière, claque la porte, fouille dans ses sacs en plastiques. Je me dis qu'elle se venge de Nicky qui a fait du bruit tout à l'heure. Ca dure un certain temps jusqu'à ce qu'elle aille se coucher enfin, la nuit passe par petites plages de sommeil : réveillée toutes les heures par des portes qui claquent, les mecs qui parlent, rigolent et hurlent dans la cuisine, les trains qui klaxonnent - on est juste à côté de la voie ferrée - la lumière du jour vers 4h du matin.
Peu après la japonaise se lève pour bosser elle rallume la lumière et se remet à faire du bruit sans aucun respect pour nous trois, je m'assoie, la regarde et lui dit calmement que franchement c'est pas très sympa d'allumer la lumière, elle me fait un "oui" tout mignon et éteint la lumière et arrête de faire du bruit. Alors soit elle est très conne et qu'il lui venait même pas à l'idée que ça pouvait nous gêner, soit elle a jugé que sa vengeance était accomplie, je ne serais jamais.
Je me rendors et me réveille vers 7h complètement gelée, j'ai greloté toute la nuit. Nicky est debout, elle déprime toujours, je jui dit qu'il faut avoir du courage et que l'on peut y arriver. Je file vers la douche dégueulasse, comme tout ici, et tente de me réchauffer sous l'eau bouillante. En descendant on croise le proprio qui nous dit qu'on a du boulot ce soir : ramasser des cougettes, il parait que c'est ce qu'il y a de plus dur, que ça casse le dos mais plutôt bosser que rester là.
Un petit dej vite fait et l'on file à l'autre auberge de jeunesse qu'on a vu la veille.
Le mec de la réception nous dit qu'on doit attendre le check out avant de pouvoir s'avoir s'il y a de la place, il nous propose d'attendre près de la piscine sur les transats, trop bien ! On envisage de venir dormir sur les transats la nuit cette semaine et de ne rentrer à l'autre backpacker que pour aller travailler. Plusieurs personnes attendent avec nous plus loin. Bonne nouvelle il y a de la place, je dit au mec de la réception que l'on réserve la chambre ce soir ! Tant pis pour l'autre,on va inventer un truc et tenter de se faire rembourser, On achète la semaine directement (de toute façon on ne peut pas faire autrement). On retourne à l'autre auberge de jeunesse trop heureuses de sortir de se calvaire ! Avant de rentrer je check Nicky, on décide de faire une mine déconfite et de se rendre à la réception.
Je lui explique gravement que nous devons partir malheureusement, que l'on est désolée mais que pour des raisons personnelles on ne peut pas rester. Bien sur il nous montre un panneau sur le mur indiquant qu'aucun remboursement n'est possible. On s'en fout au point où l'on est. on file chercher nos affaires, enlever les draps et rendre nos boîtes, on récupère nos 30 dollars de caution pour les clés, et adieu. Sur le parking, je récupère un caddie et l'on pose toutes nos affaires dedans telles deux clochardes on file à l'autre backpacker à 200 m.
On fait le check in et découvre notre chambre remplie de garçons dans leur lit enlacés avec des nanas ! Je dit au mec de la réception que je croyais que c'était une chambre que de filles, il me dit qu'ici il n'y a que des chambres mixtes, bon je commence à déchanter... La chambre pue le sexe, Nicky l'appelle le baisodrome...
On pose nos affaires vite fait et on va visiter. On rencontre beaucoup de français, leur raconte notre périple et ils nous disent que l'on était dans le pire backpacker de Bundaberg ! Ils nous expliquent que la première chose à faire est d'aller voir Tony, celui qui s'occupe du boulot ici, c'est lui qui décide qui va où, et qui travaille ou pas. Je le trouve sur le parking, je lui dit "bonjour je m'appelle Elodie et je veux bosser !", il me demande le dossier (qu'on nous a donné à notre arrivée). Plus tard, bonne nouvelle deux personnes se sont désistés pour un job, on prend leur place ce soir !
Départ à 18h, on rencontre Jacinthe, une française très sympa qui fait partie de notre groupe, il y a aussi : Adam : un américain sympa qui parle un peu français, Jens, un géant blond allemand, Eiske (dire ailleska), une allemande demi anglaise, trop belle trop parfaite et qu'il le sait en plus, gnaha, sa copine Astrid : une norvégienne 18 ans très bavarde qui monopolise toujours l'attention, et Jasmina : une allemande toute mignonne mais un peu nunuche qui rigole bêtement pour un rien.
Nous sommes transportés dans une usine en pleine campagne, la lumière, la végétation : on est en Australie. Les autres on déjà bossé une nuit ici, nous rencontrons Matt, le "patron", 23 ans, macho et bien bauf mais à peu près sympa.
La fonction de cette usine est d'empaqueter des tomates cerises dans des boîtes en plastiques pour Coles ou Woolworth (= Leclerc, Auchan). Il y a différents postes pour lesquels les filles font un roulement - les garçons eux restent toujours au même endroit, pourquoi on ne sait pas car on pourrait faire leur boulot et ils pourraient faire les nôtres ? - ça consiste dans l'ordre à :
- trier les tomates sur un tapis roulants, je déteste ce boulot pour tout : c'est chiant, et ça m'insupporte de de jeter des tonnes de tomates à la poubelle parce qu'elles ont un tout petit défaut, qu'il reste la queue où qu'elles ne sont pas assez mûres, je trouve ça horrible, ils pourraient les offrir à des associations caritatives, soit disant qu'ils les donnent aux bêtes, mais dans les mêmes bennes ils mettent les autres déchets non consommables genre les boîtes en plastique...
- s'occuper de la machine qui ferme les boîtes vérifier si les boîtes ne ripent pas, recharger les stocks, remplacer les boîtes qui ont raté à l'étiquetage et aider la personne qui ferme les boîtes. Mon poste préféré car on ne voit pas le temps passer il faut toujours être "aware".
- fermé les boîtes, c'est assez répétitif, on est collé au tapis roulant entre la machine et l'étiqueteuse et il faut vérifier que les boîtes soient bien fermées, comme 90% d'entre elles ne le sont pas ça fait du boulot, quand ce ne sont pas des double boîtes, des boîtes trop pleine, trop vide, qu'il y a une tomate avec une queue à l'intérieur, bref on ne chôme pas à ce poste, il faut être très rapide et utiliser ses deux mains. J'aime bien ce poste aussi mais au bout d'un moment on a très mal au jambes à rester debout sans bouger.
- mettre les boîtes dans les cagettes, très simples, on ne voit pas la temps passer non plus.
De 18h jusqu'à 2h30 du matin, avec 2 pauses on l'on grignote un petit truc, c'est l'usine.
Le boulot enfin fini, on rentre bien crevées, pressées de retrouver notre lit. Lorsque l'on ouvre la porte de la chambre un forte odeur de sexe, d'alcool et de testostérone nous submerge, deux lits sont vides, un autre, celui sous celui de Nicky est bien rempli...
Bizarre, un mec dort sur le sol complètement bourré...
Bon, on file dans nos lit en hauteur bien heureusement... On décide de demander à changer de chambre le lendemain. Nicky se lève et va faire un tour : elle ne peut pas dormir son lit remue... Une fille rigole, des bruits de succion, etc... bref je commence à regretter l'ancienne chambre. Boule Quiès, masque pour les yeux, il me faudrait aussi un masque pour le nez... 30 min plus tard la porte s'ouvre, la lumière est allumée 2 mecs et une nana complètement bourrés arrivent, ils sont morts de rire la fille a un rire hystérique, les mecs braillent, je m'assied dans le lit et leur dit de faire moins de bruit, mais dans leur état il n'y a plus beaucoup de neurones qui marchent. Et ça dure comme ça toute la nuit, ils rentrent, ils sortent, claquent les portes, rigolent, passent même par la fenêtre : l'enfer, je sens mes nerfs à bout... Je me réveille vers 9h, complètement cassée, les mecs sont dans leur lit, seuls, ils ronflent, je prends mes affaires et file vers la douche. Mauvaise nouvelle, les toilettes et douches sont fermées pour nettoyage, je dois attendre 30 minutes, je m'assied dans un petit coin dehors, je n'en peux plus. Un peu plus tard Nicky passe avec le mec de la réception, et avec un grand sourire - chose exceptionnelle car elle ne me parle presque pas : nos conversations se limitent au nécessaire - elle m'annonce qu'elle a demandé de changer de chambre et que c'était bon, je lui dit "mais tu n'as pas demandé pour moi ?!", elle me réponds "bah non mais c'est 7 dollars". J'étais dégoutée, après tout ce que j'ai fait pour elle, je me suis démenée à trouver un backpacker, un moyen pour venir ici quand le train était complet, tous les coup de téléphone que j'ai passé avec mon forfait - parce que le sien est toujours vide vu qu'elle parle des heures avec son copain en france et qu'elle ne veux pas parler anglais - pour nous sortir de ce merdier, là c'en est trop, elle s'en va s'installer, je craque, je n'ai même pas la force de m'engueuler avec elle. Elle revient Trois minutes plus tard "tu peux m'aider ?", elle voit bien que je pleure mais elle s'en fout "moi aussi j'ai craqué ce matin mais mon copain m'a remonté le moral", je lui répond qu'elle a bien de la chance, elle me dit "si tu veux tu peux me parler", ouais c'est ça.
Je prend enfin ma douche en pleurant, rein ne va, j'ai payé une fortune et fuit une situation inconfortable pour me mettre dans quelque chose de pire encore, je me sens complètement abattue. Habillée, propre, je file à la réception pour changer de chambre, il me dit que je suis dans la même chambre que ma "friend", j'aurais presque préféré qu'on soit séparées. Chambre 26, dans un autre bâtiment près de la piscine, air conditionné une chambre de 6 personnes vide, le calme, la propreté. On a notre propre cuisine et quelques salles de bain. A l'origine ce backpacker était un poste de police, certaines chambres sont placées dans les anciennes cellules de prison.
Je vais chercher mes affaires dans l'autre chambre, les mecs ne sont plus seuls dans leur lit et rigolent bien de notre situation. Bande de connards et pétasses dégénérés !
Je me couche et dors jusqu'à 15h. Réveillée, un plus fraîche et de meilleure humeur, je me fais un bon plat de pâtes, ça va mieux. Nicky ne quitte plus Jacinthe et m'ignore totalement, je mange toute seule, je commence à regretter de ne pas être venue toute seule, les autres sont vraiment là pour nous faire du mal. Jacinthe décide changer de chambre aussi et de s'installer avec nous, Trois françaises, le même rythme de travail, c'est cool.
On file bosser jusqu'à 2h du matin et dort du sommeil du juste jusqu'à 12h30 le lendemain. La journée passe très vite et on repart travailler jusqu'à... 6h du matin, une grosse commande vient d'arriver et la cadence de travail est augmentée. Pendant 3 heures je suis chargée d'empiler des cagettes sur des palettes : déplier les cagettes, les clipser, les emplier sur 19 rangées et faire 6 colonnes par palettes. Je m'y met à fond, j'ai l'impression de faire 3h de gym, mes muscles sont brulants, je suis en sueur, mais je ne m'arrête pas j'en profite pour perdre quelques grammes, En 3h je fais 7 palettes, 42 colonnes, 798 cagettes, sachant que j'ai aussi été chercher les palettes en bois, les ai positionnées, etc. J'ai bien bossé. Je préfère mille fois ce job même s'il est plus crevant que celui du tri de tomates !
En rentrant, quelqu'un dort dans le lit au dessus du mien : c'est Justine !
Une française qu'on a rencontrée à Sydney et qui devait partir à la base avec Nicky à Bundaberg mais qui n'a jamais réussi à se décider.
Je me couche et passe une très mauvaise nuit, j'ai mal partout et très mal au ventre. Je me lève vers 14h complètement claquée, me force à manger sans appétit des toasts pas grillés faute de grille pain et du lait avec du nesquick (il est vendu en boîte de conserve ici et le lait n'a vraiment pas le même goût qu'en France). Je vais faire une lessive, et c'est reparti, bonne nouvelle on était censés bosser comme la veille mais nous ne bosserons que jusqu'à 2h30, mauvaise nouvelle pour les finances par contre.
La nuit est passé très vite, Jacinthe a été préposée aux palettes elle aussi, mais elle ce l'est coulé douce ! elle a pris son temps, a été mangé un truc, etc elle s'est pas foulé. J'en parle à Nicky qui l'avait fait juste avant moi la veille pendant 1h, elle me dit "moi j'ai fait 5 palettes", quelle menteuse j'ai pris la suite elle avait fait une colonne et demi !! elle m'énerve !! Cette nuit on a le temps de parler car je suis à la machine et elle à la fermeture de boîtes, elle m'apprend qu'elle est raciste et qu'elle a voté LePen aux dernières élections, okay, je préfère ne rien dire et change de conversation. Vraiment plus ça va plus elle me dégoûte. Le fait de s'en vanter en plus, c'est affligent ! Elle a décidé de repartir en France dans un mois, elle n'a fait que Sydney et Bundaberg, je lui dit qu'elle pourrait au moins faire les trucs de base genre Uluru et la grande Barrière de Corail, elle a de l'argent qu'elle en profite, mais non elle veut rentrer voir son copain...
Avec Jacinthe on s'entend de mieux en mieux je pense que l'on ne se perdra pas de vue après. Elle est là pour pouvoir renouveler son visa : 88 semaines de boulots = 1 working Holiday Visa d'un an. Elle a rencontré quelqu'un à Brisbane et vit avec lui depuis un certain temps, c'est le grand amour. Elle a beaucoup voyagé en Asie et est vraiment intéressante. Je lui ai raconté ce que m'a dit Nicky plus tôt ça l'a mise hors d'elle !
Voilà j'ai passé la journée à taper tout ça, aujourd'hui c'est day-off, on est censés travailler demain mais on ne sait pas encore si c'est la journée ou la nuit.
-> les photos sont là !-> et là- les photos du federal backpacker